29 septembre
J’ai eu beaucoup de mal à m’endormir dans le train, et n’ai pas passé une très bonne nuit. Encore une fois, mon dos a bien souffert.
Je me réveille vers 6h. La famille de mon compartiment se prépare à descendre, à une petite gare en amont de Kolkata. Le train arrive à Howrah, l’immense gare de Kolkata, vers 8h20. Je suis la foule vers la sortie, et me renseigne aurpès de la police d’un moyen de transport pour rejoindre ma guesthouse. On m’indique le chemin à prendre pour trouver les taxis. C’est bien la première fois que la police indienne sait me répondre ! D’habitude ils ne comprennent pas un mot d’Anglais et me regardent d’un air qui frise la simplicité d’esprit…
La file d’attente pour les taxis est énorme. Heureusement ça va vite, et la police régule très bien la chose. Je suis immédiatement séduit par les taxis, des Ambassador Classis jaunes et reluisants. Quand vient mon tour, une bonne demie-heure plus tard, je grimpe dans l’un d’entre eux et annonce ma direction. Heureusement que le chauffeur connaît la Times Guesthouse, car le nom de Sudder Street ne lui évoque rien. Me voici donc en route dans les rues de Kolkata.
Pour moi petit Français, la ville de Mère Teresa a toujours été synonyme de misère et d’extrême pauvreté. Avec une conurbation de 14,7 millions d’habitants sur 185km² (source : Lonely Planet), il doit en effet y avoir bon nombre de bidonvilles peuplés d’indiens des plus pauvres, mais ce n’est pas ce que je vois après qu’on a traversé la Hoogly. Sous mes yeux se déploient des rues larges, rectilignes, bordées de bâtiments aux nombreux étages. La verdure est très présente. Je me crois propulsé dans un autre siècle. Les bâtiments, dont beaucoup sont malheureusement dans un état lamentable, affichent un style colonial, héritage de la présence britannique à Calcutta, qui fut la capitale de la Compagnie britannique des Indes orientales jusqu’au début du XXème siècle.
Cette ville me plaît beaucoup.
Arrivé à Sudder Street, le chauffeur me demande 200 roupies. Je peste. Il n’avait pas allumé le compteur, et je me suis fait avoir comme un bleu !
Je me dirige vers la Times Guesthouse, où l’on me donne la chambre la moins chère (150 roupies), mais sans doute aussi la plus petite et la plus sale ! Les murs sont couverts de taches et de dégoulinures dont je préfère ne pas connaître la nature… Le drap semble n’avoir jamais été lavé. La pièce n’a pour seul mobilier que le lit et une tablette au-dessus de celui-ci. Heureusement, une fenêtre fournit un peu de lumière naturelle à cette chambrette plutôt glauque.
Mais bon, ça fera bien l’affaire. Guillaume arrive samedi prochain, ce qui veut dire qu’on prendra sans doute une autre chambre.
Après m’être installé et reposé un peu, je sors, quelques objectifs en tête : poster quelques cartes, trouver une connexion internet intéressante et me promener un peu. Les deux premiers sont faciles à réaliser, j’ai tout à proximité ! J’en profite aussi pour tirer de l’argent dans un ATM. En l’espace des quelques minutes qu’il m’a fallu pour entrer et effectuer mon opération, une averse violente s’est installée au-dessus de nos têtes. Elle ne dure que quelques minutes, puis laisse sa place au Soleil. La rue arbore alors des reflets magnifiques, où se marient le jaune des taxis et le vert de la végétation. Le ciel bleu montre enfin quelques nuages aux formes sophistiquées. L’ambiance me plaît !
Mais tout de même, et ça devient récurrent, je me sens plutôt seul. Je pars donc chercher la compagnie des quelques « lève-tôt » français chez « Netfreaks », un cyber pas cher au matériel performant. Après ça, je vais me balader, histoire de commencer à m’imprégner un peu de la ville. Je remonte quelques rues le long d’un parc très vert et admire les bâtiments. Ce contraste entre passé et modernité m’épate. Dans de vieux bâtiments au style très marqué, datant de je ne sais combien d’années, se sont installées des boutiques parfois luxueuses de vêtements, de chaussures, de voitures, de sacs, de matériel de fitness… et sur le trottoir, couvert, sont installés les habituels marchands de bibelots en tout genre.
Beaucoup d’indiens semblent faire leurs achats dans cette rue, qui est bondée. On m’aborde quelques fois, sur un air de discussion, pour m’attirer dans des magasins. Le rabatteur s’invente un ami dans une grande ville française… c’est une astuce qui ne marche plus avec moi, et ils abandonnent bien vite.
Malheureusement, une fois encore à cause de mon dos, je ne vais pas bien loin aujourd’hui. Mais j’ai quand même pu repérer quelques coins et directions pour les prochains jours. Je rentre donc, et consacre le reste de ma soirée à la lecture du Lonely Planet, à mon blog, et à un appel en France qui me fait le plus grand bien
Je me couche vers 00h30, en espérant que demain mon dos ira mieux et que je pourrai me promener.
