Départ de Varanasi
photo caption varanasi et ses ghats au bord du gange

Départ de Varanasi

28 septembre

Devant quitter la chambre à 10h, je me réveille et me lève à 8h. Je commence par écrire un peu, j’ai presque rattrapé mon retard. Cela me tient à coeur car écrire avec cinq voire presque dix jours de retard me fait oublier quelques détails, et j’aimerais retrouver la spontanéité d’écrire le soir ce que j’ai fait la journée ou la veille.
A 9h30, je remballe toutes mes affaires et descends régler ma note. Je remonte ensuite prendre mon petit déjeuner, qui pour une fois est « copieux » : un chocolat chaud, des corn flakes avec du lait et un peu de sucre (le sucre ici est toujours en cristaux, c’est trop bon :) ), deux toasts avec du beurre salé et deux oeufs sur le plat.
Je continue à écrire, puis vais sur internet mettre mon blog à jour. En France, tout le monde ou presque a l’air d’être encore endormi.

A 12h30, une personne de l’agence de voyage passe me prendre avec un autorickshaw. J’avais payé 150 roupies pour un trajet en voiture. Je hais ces gens ! C’est la dernière fois que j’ai à faire à eux, et j’en suis bien content !
Arrivé à la gare, l’attente commence. Je me renseigne du numéro du quai dont mon train partira, me pose sur un banc et sors mon carnet. Autant mettre les 3h à venir à profit ! J’en profite quand même aussi pour regarder autour de moi, et finis même par ne faire que ça. Dans les haut-parleurs, une voix de femme répète des dizaines de fois, en Hindi et en Anglais, les annonces des trains à l’approche. Au moins je les comprends et je pourrai être prévenu de l’arrivée du mien. A Agra, c’était incompréhensible !
Je découvre les sons d’une gare indienne, auxquels je n’avais pas trop prêté attention à Agra. Celui que je préfère, c’est lorsqu’un train de marchandises s’arrête, ou peut-être lorsqu’une locomotive y est attachée. Les wagons s’entrechoquent alors les uns après les autres, propageant un son violent le long des rails. Avec la poussière qui tombe des wagons en même temps que le choc, ça le rend de plus très visuel !
Le son que j’aime le moins, c’est le « sifflet » des locomotives, surtout lorsqu’elles sont proches. C’est un son strident et prenant, qui sature l’ouïe et ne laisse de place à rien d’autre. Après cela, le moteur met le train en marche, la fumée sort au rythme de ses battements, et le son régulier des roues sur les rails commence à bercer les voyageurs.

Allez savoir pourquoi, mon train arrive avec 40 minutes de retard sur son heure de départ. Je commence à chercher mon wagon. Ma chère agence de voyage ne s’y étant pris que le 22 septembre pour réserver, j’étais sur liste d’attente à l’impression des billets et n’ai donc aucune idée de la place qui m’a été confirmée. Ni si elle l’a été…
Je change deux fois de place et une fois de wagon, avant que le contrôleur ne m’indique ma véritable place. Je suis avec une famille indienne, les deux parents, un fils et une fille. Seul le fils semble parler Anglais, et on discute un petit peu. La fille est en fait sa femme. Etonné, je lui demande son âge. Il me dit avoir 29 ans, mais à son hésitation et son apaprence, je pense sérieusement qu’il est bien plus jeune. Mais peu importe. Je ne sais pas si c’est un mariage arrangé, mais le couple a l’air de bien s’entendre et ils jouent et rient ensemble. C’est rassurant :)

J’ai maintenant rattrapé le présent. Je suis dans le train aux côtés de cette famille quand j’écris ces lignes. Il est 19h50, il fait nuit et le train nous secoue un peu. Les indiens discutent entre eux, mais « ma » famille est couchée, à l’exception du père, assis sur ma couchette, silencieux.
Il nous reste au minimum 12 heures jusqu’à Kolkata.

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