23 septembre
La route vers Agra se fait en quelques heures. Il fait toujours très chaud, mais les paysages changent radicalement. La verdure s’installe, le sable disparaît, et j’aperçois les premiers cours d’eau. Après un bon moment de route tranquille, Sandeep ralentit devant un attroupement de gens sur la voie d’en face. Je me demande ce qui se passe, puis découvre petit à petit les éléments du décor. Au bord de la route, au milieu de la cohue d’indiens, se trouvent quelques touristes. Ils ont l’air d’attendre quelque chose. Sandeep recule un peu et j’aperçois alors, non loin, le minibus des touristes. Au milieu de la route, il a les roues braquées vers la gauche et le pneu avant gauche éclaté. C’est alors que je remarque les débris au milieu de l’attroupement. Puis la moto. Puis le corps. Un homme est allongé sur la route, près de son véhicule. Rien ne laisse penser qu’il soit encore en vie…
Impuissants, on regarde la scène quelques minutes, puis on repart. « How many people on the bike ? », commente Sandeep… Question qu’on est en effet en droit de se poser, les motos transportant trois, quatre voire cinq personnes étant assez fréquentes. A noter aussi que, sur cette route, le nombre de personnes roulant à sens inverse sans aucun état d’âme est alarmant et constitue une bonne part des causes d’accidents.
Avant d’arriver à Agra, Sandeep me dépose à Fathepur Sikri, une cité fortifiée désertée car construite trop loin de toute source d’eau. De la cité je ne visite que le palais, immense complexe de bâtiments de grès rouge totalement vides. Le harcèlement des guides, avant et après le palais, m’ennuie. Je n’y reste pas longtemps… j’observe les familles indiennes qui viennent s’y promener et chercher un peu d’ombre, fais le tour des bâtiments puis repars.
Je crois qu’il est temps pour moi de passer à autre chose que tous ces forts et palais, je sens le besoin de faire des choses nouvelles… Mais avant Varanasi, ça ne sera sans doute pas possible.
On arrive à l’hôtel, dans Agra, vers 14h30. En chemin, Sandeep s’est arrêté pour prendre mes billets de train. Agra vers Varanasi (Bénarès) le 24.09 à 23h30, arrivée le lendemain à 12h20. Varanasi vers Kolkata (Calcutta) le 28.09 à 16h25, arrivée le lendemain à 7h. Sandeep m’explique le fonctionnement, comment trouver mon train, mon wagon puis ma couchette. Chaque place est réservée. Je n’ai pas le numéro de la mienne, mais elle devrait figurer sur une liste à l’entrée du wagon. Si Sandeep m’explique tout cela, c’est parce qu’il va partir ce jour même rejoindre sa famille, pour passer quelques jours avec elle. Je le lui accorde sans souci.
Après un dernier Chai, c’est donc l’heure de se dire au revoir. Il me donne quelques dernières recommandations, me dit de faire attention, puis s’apprête à partir. Rien d’autre, pas d’histoire d’argent, de tip, nada… du coup c’est moi qui lui en parle. Il me dit que c’est à moi de choisir, que je peux lui donner une roupie et il sera content. Je lui en donne 1000. Après ces 9 jours ensemble, j’ai le sentiment qu’il les as méritées et j’espère qu’il les utilisera bien. Je ne pense pas avoir de souci à me faire sur ce sujet. Il me remercie et cette fois, c’est vraiment l’heure de se dire au revoir. On s’embrasse (au sens littéral du terme !) amicalement et je lui dis à bientôt. Quand je serai de retour à Delhi, je l’appellerai histoire de boire un dernier petit verre s’il est dans le coin.
Du reste de la journée, je ne fais pas grand chose. J’écris un peu, me repose et marche jusqu’à la poste, qui n’est pas à côté. Je reviens en rickshaw.
Demain, réveil à 5h pour voir le Taj Mahal au lever du jour.
