16 septembre
Départ prévu vers 9h pour Jaisalmer, où je resterai deux jours. Le premier dans le désert pour un « safari » à dos de chameau, et le second pour visiter Jaisalmer.
J’ai eu une nouvelle surprise ce matin, au moment de payer : sur la note figure une ligne d’un montant de 300 roupies. Je demande ce que c’est, on me répond que j’ai passé 5h sur Internet ! Eh oui, il n’y avait aucun tarif d’affiché, alors j’ai cru que le service était inclus avec la chambre. Tout innocent que je suis…
Le maître d’hôtel monte sur ses grands chevaux. « Nothing is free in this world, my friend ! ». My quoi ?! Il ne veut même pas entendre que la moindre des choses serait d’afficher le prix, qui est d’ailleurs très élevé : 60 Rps/h. On doit facilement trouver 30 ou 40 Rps/h en ville… mais selon lui, j’aurais dû demander !
Bref, je paie et on s’en va. Sandeep est choqué de la manière dont le gars s’est adressé à moi. Depuis, il m’a promis trois ou quatre fois qu’il n’emmènerait plus personne à cet hôtel. L’incident est vite oublié, sur la longue route qui nous mène à Jaisalmer. Il faudra que je prenne le temps d’écrire mes impressions sur la route en Inde… c’est assez particulier !
En plein désert, Sandeep m’annonce qu’on n’a presque plus d’essence… Encore une trentaine de kilomètres et on devra s’arrêter. « But don’t worry ! ». Non non… et en réalité je ne suis pas si inquiet. Il y a du monde sur cette route, on trouvera bien une solution en cas de souci. Par chance, on approche d’un village où Sandeep sait qu’il y a une station. Il fait un plein de 35,7 litres, pour un réservoir d’environ 37 litres me dit-il… Il était temps !
Nous arrivons au Mandalam Resort, en plein désert à 50 km de Jaisalmer, vers 15h. 15 ou 20 minutes plus tard, je pars pour une balade en chameau. J’ai trouvé ça un peu décevant. Le chamelier qui m’accompagne tient les rennes de mon chameau et marche devant. C’était marrant d’être sur le dos d’un chameau, mais ç’aurait été mieux de « complètement » le monter.
Qui plus est, les discussions avec mon guide finissent toujours par tourner autour de l’argent, et je sens qu’il cherche surtout à me dire que je dois lui donner un bon pourboire à la fin du tour… Je lui ai donné 100 roupies, ce qui à mon avis est très correct. A sa tête je pense qu’il aurait aimé plus, mais il ne réclame pas, me serre la main et me dit au revoir.
Peu avant ça, on est resté quelques temps sur les dunes pour voir le coucher de soleil… qui s’est trouvé caché par un épais brouillard juste au dessus de l’horizon. Dommage !
Pour regarder le soleil descendre, je m’étais assis à l’écart des autres touristes venus pour la même chose, histoire de profiter d’un peu de solitude. J’étais assis le plus loin. Forcément, il a fallu que ce soit à moi qu’un groupe de trois jeunes musiciens Rajasthani décide « d’offrir » un peu de musique. Ils s’installent devant moi, entament la conversation indienne universelle (« hello ! », « what’s your name ? », « what country ? », « Bonjour, ça va Monsieur ? », …) puis sans crier gare, avant que je puisse dire quoi que ce soit, se mettent à jouer et chanter. Fort, qui plus est. J’essaie de leur dire qu’à la base je m’étais assis là pour être seul, mais en vain. Du coup je me lève, et vais m’installer plus loin. A chacun son petit coup de théâtre ! Je pense que là, ils ont compris.
A mon grand bonheur, je les retrouve dans la cour du Mandalam Resort pour le dîner, qu’ils vont animer. C’est déjà plus sympa d’avoir de la musique pendant que je mange et écris. Par politesse, je m’excuse pour l’histoire dans les dunes et leur explique que je voulais être seul.
Le dîner, sous forme de buffet, se passe bien. Pour une fois, je ne suis pas l’unique touriste ! Il y a un groupe de six Espagnoles, un couple d’Espagnols de 60 et 65 ans (qui pètent la forme
) et deux Français. L’ambiance est agréable. Sandeep m’invite à sa table pour causer et boire un verre avec les autres chauffeurs. Ils sont tout émoustillés par les six demoiselles qu’ils ont sous les yeux, mais toute la discussion reste bon enfant et respectueuse, accompagnée de quelques blagues de circonstance (faut bien ^^).
Le dîner servi, je retourne à ma place. Je me sers de riz, de dhal (curry de lentilles), de « haricots du désert » au goût sucré et de chapatis (galette fine). A plusieurs reprise pendant le repas, l’un des musiciens me montre, d’un signe de la main très explicite, l’assiette posée devant eux destinée à recevoir quelques billets. Ce comportement m’agace, même s’il s’agit de leur unique revenu. Je lui fais signe que j’ai bien vu, pensant donner un peu avant de me coucher, mais il me demande alors mon prénom et me « dédicace » une chanson… et me montre une nouvelle fois l’assiette à la fin de celle-ci. Enervé, je dépose 60 roupies. C’est beaucoup trop, avec le recul. Mais ils n’avaient pas l’air satisfait après avoir regardé combien j’avais déposé. Les autres ont donné, en moyenne, une quinzaine de roupies. Je ne leur prête plus trop attention, pendant qu’ils recommencent leur manège de la dédicace avec les autres touristes.
Plus tard, l’heure est venue de se coucher. Ayant eu une nuit assez moyenne la veille, je décide de rester sur place plutôt que de suivre les autres, qui partent dormir « dans les dunes ». A cause de la chaleur des chambres, on m’installe un lit dehors, dans la cour. Le ciel est magnifique. Ici, aucune lumière parasite ne vient polluer celle des étoiles. J’en vois tellement que je n’arrive pas à repérer les quelques constellations que je connais ! La Lune est invisible ce soir, et pourtant la nuit est tout sauf noire. Une fois mes yeux habitués, je peux me déplacer sans souci.
Allongé sur mon lit, je passe un temps les yeux ouverts, à contempler le ciel, puis me force à dormir. Demain, réveil à 5h pour partir voir le soleil se lever sur les dunes !
