18 septembre
Départ vers 9h30 de Jaisalmer, en direction de Jodhpur. La route est un peu longue, 3h30, environ… et je commence à être trop habitué au paysage pour qu’il me serve de distraction. On arrive au fort de Jodhpur vers 13h. Pour 300 roupies j’obtiens le ticket d’entrée et un audioguide en Français. C’est un peu cher, mais le guide est de bonne qualité.
Le fort, construit sur une colline, domine la région –vaste étendue désertique– et offre une bonne vue sur Jodhpur.Vue d’ici, la ville de Jodha mérite son surnom de « ville bleue » ! On s’en rend moins compte une fois arrivé dans les rues mêmes, mais la plupart des maisons sont peintes d’un bleu ciel censé repousser les moustiques et aussi, à l’origine, distinguer les maisons des brahmanes. Meherangarh (le fort) est un très bel exemple de l’architecture Rajput, peuple guerrier du Rajasthan au code de l’honneur très prononcé… « La mort avant le déshonneur » était un de leurs préceptes, qui a conduit à diverses suicides collectifs des civils et, en parallèle, à des charges militaires massives et désespérées.
Cette architecture, donc, ressemble à celle des havelis que j’ai visités (a priori d’origine Rajput aussi). Pour faire simple, de la dentelle dans de la pierre…Il n’y a presqu’aucune façade sans fenêtre ou balcon. Pour casser la régularité des volumes, les balcons ressortent généralement de l’édifice, parfois comme des bow windows. Ils sont décorés de nombreux motifs floraux et les garde-fous sont délicatement ajourés. A certains endroits, les fenêtres sont en fait des dalles ajourées également, ce qui permet de voir l’activité des cours sans être vu. Très utile pour les femmes, qui devaient respecter le (la ?) purda, c’est-à-dire le port du voile et la « discrétion » qui va avec…
Je sors de la citadelle peu après 15h. Direction l’hôtel, situé dans la vieille ville. Fatigué, je m’endors « malgré moi » pendant deux petites heures puis pars me promener du côté du Sandar Market, un grand marché où se côtoient tissus, légumes, épices, antiquités et bibelots, etc.
Je fais un petit tour, mais n’accroche pas plus que ça. Trop de monde dans tous les sens, beaucoup de bruit, pour finalement pas grand chose à voir ! Je prends tout de même le temps de tester un lassi recommandé par le Lonely Planet. Il est plutôt bon, et tient plus du yaourt. Tant, qu’il se déguste à la cuiller. Des goûts que j’ai pu identifier, ce devait être un mélange de crême avec de la vanille et un peu de citron !
Après ça, je repars vers l’hôtel et décide de pousser un peu plus loin, pour me promener dans les rues et tenter de trouver un jardin situé juste derrière les remparts de la vieille ville selon mon plan. Je n’en ai rien vu… du coup j’ai juste fait un petit tour, suscitant l’exaltation de quelques enfants et adolescents. En rentrant, une boutique attire mon attention. Du genre « épicerie » générale. La lumière est sympa, du coup je demande au marchand si je peux prendre une photo. Il pose avec un beau sourire, puis il me remercie en voyant la photo. Il m’offre même un bonbon ![]()
J’essaie de parler un peu avec lui, mais d’une part je ne sais pas trop quoi lui demander, et au bout de quelques minutes il semble bloquer sur quelque chose… comme s’il était gêné. Du coup je lui dis au revoir et repars avec ma photo. A l’avenir, il faudra que j’essaie de préparer un peu mes questions, que je prenne de quoi noter… et je pourrais faire une série sur ces commerçants qui abondent dans les rues indiennes.
De retour à l’hôtel, je dîne sur le toit avec Sandeep. On discute de différentes choses, dont des fantômes ! Sandeep croit aux fantômes, aux gens possédés… il me raconte l’histoire d’un ami touriste qui n’y croyait pas. Il l’a emmené, me dit-il, dans un vieil hôtel réputé être hanté. Quand il est entré, la TV s’est allumée tout seule ainsi que les lumières, les objets se sont mis à bouger… j’ai un peu du mal à croire que ça ne soit pas une mise en scène, mais lui y croit dur comme fer. D’ailleurs, notre hôtel pour ce soir a été construit en extension d’un ancien haveli, et il me dit qu’il n’irait jamais y mettre les pieds en pleine nuit !
On monte toutefois sur le toit de cet haveli, assez haut, pour repérer l’Est. Là-haut, un indien discute avec une danoise. En nous voyant arriver il lance à Sandeep, en Hindi : « Vous ne pouvez pas rester là, descendez ! ». Ce qui, forcément, énerve un peu Sandeep qui le rembarre. L’indien a sûrement des plans concernant la demoiselle (blonde aux formes avantageuses… les indiens adorent…) mais l’ayant revue plus tard, je ne pense pas qu’il a pu les mettre à exécution.
Pendant que l’indien roucoule, Sandeep et moi continuons à discuter. J’aborde la question du mariage. A l’époque de se marier, il était amoureux d’une femme. Il a demandé à ses parents de l’épouser, ce à quoi ils ont répondu qu’il la mariait, il pouvait les oublier. « I cannot loose my parents », me dit-il. D’ailleurs, il vit encore avec eux. Ils lui ont donc choisi une femme, qu’il aime, et avec qui il a eu plusieurs enfants.
Après encore un peu de discussion, je vais me coucher. Demain, je me lèverai tôt pour voir le Soleil se lever. Puis nous partirons pour Pushkar, petite ville bordant un lac sacré.
