Rajasthan #7 : Henné à Pushkar
photo caption emma, camilla, james and john (you saved my day ! hope i spelled your names right)

Rajasthan #7 : Henné à Pushkar

19 septembre

Le réveil est difficile… à 5h45, je monte sur le toit du vieil haveli. Je ne peux m’empêcher de repenser aux histoires de fantômes d’hier, mais aucun ne vient me déranger :)
Arrivé sur le toit, je regarde le Soleil se lever doucement sur Jodhpur. C’est moins joli que dans le désert, mais c’est intéressant de voir et d’entendre la ville se réveiller. Petit à petit, les klaxons se font plus présents et plus proches, aussi. Les oiseaux se mettent à cahnter, et les écureuils à piailler.
Au bout d’un moment, je me rends compte que la plupart des familles des maisons voisines ont dormi sir leur toit. A cause de la chaleur étouffante à l’intérieur, j’imagine… Tout ce petit monde s’éveille peu à peu et se lève, la lumière se faisant plus intense. En contrebas, j’aperçois Sandeep qui dort sur le toit de la partie récente de l’hôtel. Il se retourne et se cache dans son drap, mais le Soleil finit par l’en déloger. Un gros disque rouge se dessine à l’horizon. Il monte très rapidement de quelques degrés, puis ralentit sa course. Le matin est là. Je rentre somnoler dans ma chambre après un petit déjeuner rapide, puis Sandeep vient me chercher pour partir. Au « check-out », l’hôtel essaie de me faire payer le petit-déjeuner. Le serveur avait déjà essayé plus tôt. Je refuse catégoriquement. On me dit que j’ai pris une « extra omelette » que je dois payer… comme je ne décampe pas de ma position, le, le réceptioniste passe un coup de téléphone. Et, finalement, « it’s fine » !

Départ pour Pushkar donc. La route n’est pas trop longue mais vraiment mauvaise. Sur le chemin, je me remémore tous ces enfants que j’ai pu croiser, leur plaisir d’être pris en photo , leur rengaine incessante aussi : « School pen ? », « chocolate ? »… Mais surtout l’insouciance, la joie malgré une vie qui ne doit pas être facile, et les sourires. Une chanson de Michel Fugain (merci les parents ;) ) me revient alors en tête, une partie du refrain en particulier : « Ce sourire-là, il dit toi qui me vois, ne m’oublie pas ». C’est une jolie chanson qui vaut la peine d’être écoutée je pense !
On arrive à Pushkar vers 10h30. Je prends le temps de me reposer un peu et d’écrire, puis je sors. Sandeep m’attrape avant la sortie et me dit de laisser ma sacoche et mon passeport dans ma chambre, de ne prendre qu’un peu d’argent dans ma poche. Il m’explique qu’à Pushkar, des prêtres m’accosteront dans la rue en m’offrant des fleurs. Si j’accepte la fleur, ils m’emmèneront au bord du lac pour réciter des prières pour ma famille, mes mais, mon chien, mon poisson rouge (j’extrapole un peu…) et me feront payer pour chacune de ces personnes. Et apparemment, le « good luck » et le « good karma », ça vaut cher de notre temps ! Je crois que ça rappellera des souvenirs à certaines :P

Je suis donc son conseil. Pas loin de l’hôtel, un homme m’interpelle et m’invite à « regarder » son beau restaurant, côté jardin. Comme il insiste beaucoup je daigne faire quelques pas vers l’intérieur pour rapidement lui dire que je ne suis pas intéresser par boire un verre. Il me dit alors qu’il est brahmani, qu’on peut aller au lac pour…. Non merci ! Je lui tourne le dos et m’en vais. Il tente alors un « good karma » et « show me your passeport », en vain. A ses différents essais pour me retenir, je lui dis que j’ai tout ce qu’il me faut en matière de chance, femme, karma, et que je n’ai pas mon passeport. Sandeep savait de quoi il parlait !
Je continue ma route, vais un peu au bord du lac. Dommage, il est vide et peuplé de pelleteuses et de tracteurs chargés de le creuser un peu… du coup, ça n’a pas trop de charme ! Mais les ghats, matérialisés par des escaliers descendant jusqu’à l’eau –quand il y en a– valent la peine d’être vus. Je pensais que les ghats étaient les lieux de crémation des hindous défunts. En réalité, « ghat » signifie tout simplement « berge ». Ils ont toutefois un rôle religieux. Les « bathing ghats » servent à se baigner dans l’eau sacrée, les « burning ghats » servent à la crémation et d’une manière générale, les cendres des défunts sont dispersées depuis les ghats dans les lacs ou fleuves sacrés. Lorsqu’il n’y a pas de « burning ghat », les corps sont brûlés au cimetière ou, si j’ai bien compris, sont emmenés à différentes destinations où ils peuvent être incinérés.

Après une petite pause devant le lac, je continue ma promenade dans le marché de Pushkar et les rues avoisinantes. Je tombe par hasard devant le « Pink Floyd Cafe », dont je crois qu’on m’avait parlé au Népal. Je poursuis mon chemin, espérant trouver Arnaud et Max pour passer une soirée autour d’un verre, sans succès. Je me dirige vers l’extérieur de Pushkar, vers ce qui semble être le désert aride et calme. Je me fais arrêter par un groupe de femmes et d’enfants qui me proposent d’aller boire un verre pour bavarder. Je refuse, leur disant que je vais dans la direction opposée. Elles me réclament alors une photo et me proposent de discuter à l’ombre, à même le sol. Ca me smeble être un meilleur compromis, et je me dis qu’enfin je vais pouvoir avoir une vraie discussion, avec des indiennes qui plus est.
On fait les présentations. Elles sont de Jaisalmer, et vivent dans un camp en dehors de Pushkar. Des « gipsies ». A peine assis, Shanti attrape ma main droite et regarde ma paume. Je m’attends à de la voyance, mais non. Elle commence à y déposer du henné. Indira, assis à côté d’elle, attrape ma main gauche. Je les arrête et les préviens que je ne donnerai pas d’argent. C’est bon me disent-elles, après on pourra acheter de quoi faire des Chapatis et partager… OK, je leur laisse cette chance, prenant le risque en espérant pouvoir avoir l’occasion de passer un moment intéressant. Seule Shanti poursuit son travail au henné, puis me dit d’attendre que ça sèche avant de l’enlever. Pendant cette attente, la discussion est plutôt plate… comme je sais que le henné s’efface plus vite si on le laisse moins longtemps, je demande rapidement à l’enlever. Après ça, l’une des femmes me dit qu’on peut aller chercher de quoi faire des chapatis et manger ensemble dans sa tente. Elle m’explique que je peux lui donner l’argent pour profiter des prix indiens, car le commerçant essaierait de me faire un prix « gonflé ». Sur quoi Indira enchaîne en me demandant de leur donner 1000 roupies pour acheter la préparation pour tout le monde. Pour information, un chapati en restaurant doit coûter dans les 20 roupies pièce… Je leur dis que je ne leur donnerai jamais tout cet argent et que j’avais de toute façon annoncé que je ne donnerais rien. La somme demandée tombe à 200 ou 300 roupies. Puis elles me proposent de venir avec elles, comme ça je paierai directement. J’accepte et l’on se met en route vers Pushkar. Je les suis d’abord, puis les dépasse tout en ne m’éloignant pas trop. A l’approche d’une intersection, j’accélère un peu le pas et prends le chemin de l’hôtel. Une des femmes m’appelle puis, comme je ne me retourne pas, me court après.. Ca fait rire quelques personnes. Elle me dit que ce n’est pas le bon chemin, ce à quoi je lui réponds que pour eux, tout est question d’argent et que ça me rend malade. JE m’en débarasse un peu plus loin, n’ayant pas envie d’être suivi jusqu’à l’hôtel. Réellement désabusé et dégoûté de tout ça, je ne trouve rien de mieux à faire que de dormir quelques heures, après avoir passé un peu de temps sur internet pour discuter et me changer les idées. Au comptoir, deux Anglaises semblent elles aussi avoir eu des soucis. Elles veulent récupérer de l’argent après une sortie en chameau qui, de ce que je comprends, leur a coûté plus de 2000 roupies chacune !
« Fucking shit country », sort l’une d’elle. Ca m’amuse mais au fond, à ce moment là, je suis plutôt d’accord avec elle.

Je les retrouve toutes les deux sur le toit de l’hôtel vers 19h, après ma « sieste »… Emma et Camilla, 20 et 19 ans, étudiantes en Sciences du Sport et en Zoologie. La discussion s’installe rapidement, on se raconte nos déboires de la journée, parle de nos différents voyages, etc.
Rapidement, deux anglais nous rejoignent. James et John. Ils sont un peu dans leur coin au début, puis on est finalement tous à la même table à discuter. Avec leur accent très « british », j’ai un peu de mal à suivre lorsqu’ils discutent entre eux… Mais on passe une bonne soirée, c’est l’essentiel ! Au bout d’un moment, James par chercher des cartes. En quelques heures, on joue à différents jeux. C’est détendant. Les soucis de la journée, une fois de plus, s’effacent. Vers minuit, on part se coucher et se dit à demain pour le petit déjeuner. Eux partiront, chacun de leur côté, pour Udaipur. Moi, il me reste encore une journée et une nuit à passer ici.

Un commentaire sur “Rajasthan #7 : Henné à Pushkar”

Hum bon alors doonc … 500 roupies le commentaire ? :P

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