26 septembre
Je me lève pour être à 10h au rendez-vous établi la veille. Autant hier il faisait un peu lourd, mais le ciel couvert rendait les températures plus supportables, autant aujourd’hui, c’est l’étuve ! Le Soleil tape, et pour peu que le ventilateur s’arrête à cause d’une coupure de courant, je sens alors très rapidement la sueur perler à la surface de ma peau.
Quand j’arrive au point de rendez-vous, les filles ne sont pas là. Je les retrouve donc directement à leur guesthouse. On part avec l’un des gars de la Ganga Yogi Lodge, qui nous emmène voir les fabrications de tissus. On ne voit pas grand chose, l’idée étant bien sûr de terminer par une boutique où tout achat donnera lieu à une commission. JE reste dehors en attendant mes trois compagnes. Assis sur le péron en face de moi, deux enfants jouent avec un « pétard » en papier. Quand ils s’en lassent, ils partent en laissant la feuille par terre. Je la récupère et leur fait un avion. Ils aiment bien. L’un des deux garçons fait alors un cerf-volant (simple carré) qu’il transforme en chapeau pointu, puis en bateau, et enfin en cocotte un peu loupée. De mon côté, je déchire une feuille de la lettre « Å » de mon carnet d’adresses et leur fais une grenouille. Ils jouent avec et ont l’air de bien l’aimer. Les filles sortent alors. Tout était trop cher, elles n’ont rien acheté. On part à Bread Of Life, une « German Bakery » où l’on peut manger quelques viennoiseries.
Après un bon petit déjeuner, je les suis à Indica Books, une librairie où travaille un espagnol que l’on rencontre. On reste une vingtaine de minutes, puis elles doivent rentrer à leur guesthouse pour partir à l’aéroport. Elles me donnent leurs adresses email et on se dit au revoir, en se souhaitant bon voyage.
Je repars de mon côté, direction le Raga Café, que je n’ai cette fois aucune difficulté à trouver. J’y passe l’après-midi plus ou moins au frais, à écrire et profiter du wifi quand il y a du courant.
Je pars vers 19h ou 20h après un dîner coréen, une espèce de porridge appelé « jook » qui est paraît-il très bon pour l’estomac.
La température étant un peu plus basse, mon idée est de rentrer tranquillement à l’hôtel tout en profitant du festival, qui commence à s’activer. Les rues sont bondées de piétons, qui déambulent sous les guirlandes lumineuses, au son des musiques pop ou techno indiennes. Du moins c’est l’impression qu’elles me donnent, peut-être étaient-ce des musiques religieuses, mais j’en doute !
Cà et là, des scènes faites de statues en papier mâché et peintes représentent Durga, entourée de Ganesha, Laxmi et d’un autre dieu dont je n’ai pas compris le nom. Au centre et en avant-plan, un guerrier brandissant une épée se tient sur un buffle (ou un taureau…) mort, menaçant un lion féroce. Le tout est très kitsch mais au fond, c’est indien ![]()
Les gens se pressent devant ces statues et viennent y prier quelques minutes. Des cérémonies ont lieu de temps à autres, rythmées par des tambours et des cymbales. A l’une d’elles, je vois un prêtre manipuler une flamme devant les statues, puis l’apporter aux fidèles qui se signent après s’y être chauffé la main.
Dans la rue, les odeurs de beignets frits sont entêtantes. Je me laisserais bien tenter mais je n’ai pas envie d’être malade. Je me promets donc de dîner en arrivant. Proche de l’hôtel, au pied duquel se trouve le deuxième burning ghat de la ville, des corps ont été apportés, fixés aux toits d’auto-rickshaws.
Je monte au retaurant et commande un curry de pommes de terre et des veg. pakoras. Ceux-ci ne sont que des chapatis avec de vagues morceaux de légumes… rien comparé aux beignets que j’ai pu déguster au Népal ! Par contre, le curry est bon. Epicé juste comme il faut, c’est un vrai délice.
Par la fenêtre du restaurant, j’observe les crémations en contrebas. Je vois l’extinction d’un bûcher et un homme qui jette quelque chose sur les cendres. Il repart sans regarder derrière lui, comme je l’ai appris hier.
Un peu plus tard, un corps arrive. Il est plongé dans le Gange plusieurs fois, puis le bois est amené. J’attends pour voir la suite, mais la préparation semble prendre beaucoup de temps, et je finis donc par retourner dans ma chambre. Demain, j’essaierai de sortir un peu de jour pour me promener dans les ruelles et sur les ghats.

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