13 octobre
La nuit a en effet été longue, les arrêts et les contrôles de police fréquents. Dormir n’est pas évident, même si on a réussi à trouver une position plus ou moins allongée.
Au matin, on est dans la vallée de Katmandou, et j’ai l’impression de reconnaître quelques endroits. Ca se confirmera quelques heures plus tard, en arrivant à l’entrée de Katmandou. Etonnamment, on ne souffre d’aucun bouchon à l’entrée de la ville, et le bus nous dépose vers midi à sa périphérie. On prend alors un taxi (ils sont nombreux à attendre) pour Thamel, le quartier touristique de Katmandou, où on change un peu d’argent et téléphone à Florence. Rendez-vous devant la Kathmandu Guesthouse, point de rencontre habituel, dans 30 minutes. On en profite donc pour faire un petit tour. Guillaume fait quelques achats de souvenirs, et je trouve de mon côté des drapeaux à coudre sur mon sac, en bon backpacker qui se respecte :)
On retrouve Florence peu après. C’est particulier pour moi de la revoir ici, ça fait remonter beaucoup de souvenirs de mon premier voyage qui m’avait tellement marqué ! Et, comme pour le commémorer, on va déjeuner tous les trois au New Orleans, un restaurant de Thamel où j’ai déjà mangé quelques fois. Ils y font de bons burgers, l’occasion de manger de la viande en toute sécurité !
Florence nous accompagne ensuite chez elle et nous laisse une clef. Maitidevi, le quartier où elle habite, est tout sauf touristique. Les rues et leur ambiance me sont familière, je redécouvre l’activité des Népalais du coin : les femmes qui vendent fruits et légumes sur un petit marché installé sur un grand trottoir, les marchands de tissu, une poissonnerie qui étale ses poissons en plein air, une boucherie qui fait de même avec poulets et morceaux de chèvres… tout ça m’avait semblé bien chaotique l’an dernier, et aujourd’hui ça me semble on ne peut plus normal. Après un petit thé, Florence repart travailler et nous donne rendez-vous vers 19h pour passer la soirée ensemble.
Après une bonne douche et un peu de repos, Guillaume et moi partons pour le Durbar Square de Katmandou. Il s’agit d’une grande place parsemée de temples où se trouvait également le palais royal. Le roi y parlait à son peuple lors de rassemblements appelés « Durbar ». Chaque ville royale de la vallée de Katmandou possède son Durbar Square.
On s’y promène un moment au milieu des temples et de l’activité effervescente des Népalais. Cette place est un véritable lieu de vie. Les gens viennent prier, laisser des offrandes aux dieux, ou passer le temps assis sur les gradins des temples. Ces temples sont très différents de ce qu’on trouve en Inde. Traditionnellement ils ne sont construits qu’avec du bois et des briques, sans clou ni mortier. Et tout tient merveilleusement bien depuis des centaines d’années ! Les temples sont plus ou moins hauts, parfois érigés sur une base pyramidale à gradins, dotée d’escaliers. Il y a ensuite un ou plusieurs étages, rectangulaires, d’où à chaque fois part un toit en pente, en forme de pyramide très aplatie. Le dernier des toits se termine en pointe surmontée d’un ornement, tandis que les autres sont tronqués par l’étage supérieur.
Comme toujours il s’agit d’une description générale, la plupart des temples hindous ont cette forme. Mais les formes varient parfois, comme pour Kasthamandap, qui a supposément donné son nom à Katmandou. Selon la légende, il aurait été construit avec le bois d’un seul arbre, au 12ème siècle. Il a un peu plus l’aspect d’une maison, et son rez-de-chaussée, destiné à abriter les pèlerins, est complètement ouvert à l’extérieur.
A l’entrée du Durbar Square, il y a aussi le temple de la Kumari. Celui-ci est vraiment une maison car la Kumari y vit. Elle est une déesse vivante, vénérée par tous les Népalais et théoriquement supérieure au roi (qui est depuis l’an dernier remplacé par un président). « Kumari » signifie « vierge » (selon certaines sources), et la Kumari est donc choisie très jeune. Elle perdra son statut et redeviendra simple mortelle après ses premières menstruations. La vie peut alors devenir difficile pour elle, car peu d’homme sont enclins à marier une déesse et, du fait d’avoir été servie toute son enfance, une Kumari est réputée très capricieuse.
La batterie de mon appareil se vide malheureusement très tôt, et on décide donc de revenir faire un petit tour demain matin. On sort du Durbar Square par les rues marchandes bondées qui plongent au cœur de la ville. Les commerces sont d’abord destinés aux touristes puis, très vite, deviennent des échoppes de la vie quotidienne, où les Népalais viennent faire leurs courses : épiceries et vendeurs d’épices, boucheries, poissonneries, vendeurs d’ustensiles de cuisine, de sacs, de chaussures, de vêtements et de tissus, pharmacies… rien ne manque. On déambule dans la foule compacte, digne d’une station de métro aux heures de pointe, cherchant une boutique particulière : un vendeur de khukuris, les couteaux/poignards traditionnels népalais, que les hommes portent à leur ceinture dans certaines régions. Ils sont aussi réputés pour être les poignards des Gurkhas, armée d’élite connue comme l’une des plus coriaces au monde. On repère deux magasins mais ils nous semblent vendre des bibelots touristiques… le Guide du routard indique que dans ce quartier on doit pouvoir en trouver des authentiques, réellement achetés par les Népalais. Après des tours et des détours dans le labyrinthe de rues qui se coupent ou se terminent en impasses ou sur des cours intérieures, on ne trouve rien d’autre. On ira donc voir demain les magasins repérés en retournant au Durbar Square.
On rentre à Thamel à pieds, où on achète les DVD (piratés…) de Numéro 9 et d’Inglorious Basterds, puis on rentre chez Florence.
Pour dîner, elle nous emmène dans un petit restaurant népalais qui sert de très bons Dal Bhat, le plat traditionnel népalais par excellence. Il s’agit de riz blanc, servi avec un bol de lentilles et différents accompagnements (curry de légumes, épinards, pommes de terre), le tout servi à volonté.
On est rejoint par Lucie, une amie française de Florence mariée à un Népalais et qui habite également à Katmandou, puis par Raju, le copain de Florence, Népalais lui aussi. On termine la soirée chez Lucie, à boire et à discuter, et on rentre se coucher.
