Le Palais de Holyroodhouse
photo caption les restes d'holyrood abbey, dans le jardin du palais

Le Palais de Holyroodhouse

Jeudi 5 Mai

Ca y est, la réalité écossaise et sa météo peu clémente nous ont rattrapés ! Aujourd’hui, le temps n’est pas au beau fixe, mais au nuageux. Un manteau gris blanc vole au-dessus de nos têtes et menace de nous humidifier le cuir chevelu à tout moment. Lorsque nous partons en début d’après-midi, il a déjà plu sur la ville. Le sol est bien mouillé, mais nos cheveux restent au sec. Coup de bol !
Nous en discutons avec une dame en début de troisième âge dans la petite église de Greyfriars, qui siège au milieu d’un cimetière où JK Rowling serait venue emprunter quelques noms pour ses romans. Sur le chemin vers la Royal Mile, l’église était ouverte et nous y sommes rentrés « pour voir », ce qui nous a fait gagner une petite visite guidée par cette dame somme toute charmante, mais à l’accent très prononcé. Ajoutez à ça qu’elle est du genre à sauter du coq à l’âne, abordant en deux phrases la difficulté de la vie au Royaume-Uni pour sa petite-fille étudiante et la particularité du grand vitrail visible au fond de la nef, et vous comprendrez j’espère que nous avons eu un petit peu de mal à suivre, et encore plus à retenir ce qu’elle nous a expliqué !
Cela dit je me souviens que cela m’avait paru intéressant, et j’ai été touché que la seule rémunération qu’elle demande soit un petit mot dans le livre d’or de l’église. Un peu bloqué dans le schéma dont j’ai fait l’expérience en Inde, je m’attendais sincèrement à ce qu’elle demande quelques deniers, si ce n’est pour elle, pour sa paroisse.

Après cette pause, nous poursuivons le programme du jour :  petite promenade dans le vieux centre et descente de son épine dorsale (la Royal Mile) jusqu’au Palais de Holyroodhouse, palais officiel de la Reine en Ecosse où elle réside au moins une semaine dans l’année, en été. Elle y reçoit alors le gratin officiel du coin pour discuter politique ou échanger des vieux bouquins avec le Pape.
Mais le palais ne date pas du temps d’Elizabeth II, dont les 85 ans font pâle figure face à l’âge avancé de la première bâtisse construite en ce lieu. C’est en effet en 1128 que David I y fit construire l’abbaye nommée Holyrood. On raconte qu’il serait tombé nez à nez, lors d’une chasse, avec un cerf « enragé »  entre les bois duquel serait alors apparue une croix. Prenant son courage à deux mains il l’attrapa avec celles qui lui restaient, ce qui eut pour effet de calmer la bête. Sauvé, le roi décida qu’il devrait bâtir une abbaye pour rendre hommage à ce miracle divin. L’autre hypothèse quant à l’origine du nom serait qu’il fait référence au fragment de la Croix du Christ que sa mère a rapporté en Ecosse. La relation entre le nom et ces histoires, c’est que « holy » veut dire « sainte » et « rood » signifie « croix ».
« Palace of  Holyroodhouse » signifie donc littéralement le « palais de la maison de la sainte croix »…

Depuis 1128, le site a été grandement transformé. L’abbaye est en ruine, et le palais lui-même est attenant aux pierres subsistantes. Les constructions ont été débutées au début du XVIème siècle mais il ne reste rien de ce premier palais royal. Les transformations ont été multiples, au fil des siècles, et les dernières retouches qui ont donné au palais son apparence d’aujourd’hui datent du milieu du XIXème siècle.
On pénètre dans l’enceinte du palais par une grande porte donnant sur une large cour ouverte, au milieu de laquelle se trouve une fontaine  qui semble représenter une couronne. En face, une porte donne sur une cour intérieur, dans les murs de la résidence elle-même. Les photos sont malheureusement interdites à l’intérieur du palais. La visite, guidée grâce à un audioguide fourni gratuitement à l’entrée, nous mène dans de nombreuses pièces au premier étage du palais. La salle à manger royale d’abord, puis une enfilade de pièces décorées de manière crescendo pour atteindre l’apothéose dans la chambre du roi. Ce parcours dépeint le protocole en place pour rencontrer le roi : seule une sélection très restreinte de personnes passait toutes les pièces jusqu’à la chambre du monarque. Les murs sont recouverts de grandes tapisseries et le plafond laisse un apparaître un ciel peint dans une coupole. Pour ajouter au réalisme de la scène, des animaux sont représentés comme se penchant par-dessus le rebord de la coupole et regardant vers le bas de la pièce.
La visite se poursuit par la grande galerie, où ont encore lieu des réceptions et où les murs sont parés des portraits des différents rois d’Ecosse, réels ou légendaires. La galerie connecte la chambre du roi aux appartements de la Reine. Cette partie du château a accueilli des visites touristiques dès la fin du XVIIIème siècle, alors que la fascination grandissait autour de Marie Stuart, Reine d’Ecosse dès les premiers jours de sa vie. Elle habita le Palais de Holyroodhouse où elle vécut de tragiques événements, sur fond de jalousie, de meurtres et de complot contre la couronne anglaise.

Dans son ensemble, le palais est un très bel endroit à visiter. Les tapisseries et le mobilier sont dans un état remarquable et le sentiment « d’époque » ressort bien. Après, j’aimerais bien voir comment ces parties visitables sont aménagées lorsque la Reine réside au palais. Car elle reçoit dans les pièces où recevait auparavant les rois d’Ecosse. Mais j’imagine qu’elle vit sinon dans d’autres parties du palais auxquelles nous n’avons pas accès.

Quoi qu’il en soit, quand nous sommes rentrés au bercail après la visite et une petite marche de 2.5km supplémentaire, nous nous sentions bien plus Ecossais qu’en ce début de journée. Ben oui, il a plu !

Laisser une réponse