The Isle of Arran
photo caption le "mini fleuve" se jette dans la mer devant le château de lochranza.

The Isle of Arran

Mercredi 4 Mai

Aujourd’hui, c’est le jour du grand air !
Et du réveil matinal… Bon, j’admets que 7h30 ça n’est quand même pas trop violent, mais n’importe qui me connaissant un minimum saura que c’est suffisamment tôt pour moi.

Nous partons ce matin pour l’île d’Arran, appelée par ici The Isle of Arran. Il s’agit d’une petite île au large de la côte Ouest de l’Ecosse, s’étendant sur une trentaine de kilomètres Nord-Sud pour une quinzaine de kilomètres Est-Ouest. Elle est décrite comme une île concentrant « à elle seule toute la diversité des paysages écossais ». La citation est tirée du Lonely Planet, mais j’ai constaté avec plaisir qu’une écossaise d’un certain âge nous en a fait la même description lorsque nous avons évoqué l’île.
Je passerai les détails du voyage jusque là-bas, qui s’est bien passé. En voici les grandes lignes : nous avons pris un premier train d’Edinburgh jusqu’à Glasgow vers 10h. Ensuite, un second train nous emmène à Ardrossan, la ville côtière d’où part le ferry pour l’île d’Arran.

Chaque partie durant approximativement une heure, nous sommes arrivés sur l’île aux alentours de 13h30. Malheureusement nous nous sommes alors rendu compte que notre temps sur place se trouvait très limité : le dernier ferry partant à 19h20 de l’île, il faut être sur place à 19h10. Or, les bus parcourant l’île sont très espacés dans le temps. Par exemple pour la ligne 324, il n’en restait que 3 pour le reste de la journée ! Un à 13h40, l’autre vers 16h et le dernier à 19h15.
Nous avons donc sauté dans ce bus 324 pour nous rendre à Lochranza, un petit village au Nord de l’île, où nous espérons qu’il y aura suffisamment à faire et à voir pour couvrir nos quelques heures sur place et revenir au ferry.

Le trajet en bus jusqu’à Lochranza, qui dure environ 45 minutes depuis Brodick (où arrive le ferry), nous rappelle à tous les deux nos escapades en Inde et au Népal. Certes, le bus est plus confortable, mais on retrouve le même contraste locaux/touristes, les mêmes routes un peu chaotiques…
Avec un peu de recul, je pense que ça n’a vraiment rien à voir. Mais l’esprit est là : nous sommes dans un bus, à l’étranger, et nous regardons par la fenêtre le paysage défiler. Et c’est vrai que ça ressemble à un concentré d’Ecosse ! On commence par longer la côte, en bord de mer donc, mais avec des montagnes en arrière-plan. Rien d’immensément haut, mais ça a plus la forme des Alpes que de l’Auvergne. Je suis un peu déçu par les quelques ribambelles de maison que l’on observe depuis notre siège : elles sont quelconques, ne semble pas plus traditionnelles que ça et apparemment aucun effort d’harmonie n’est fait. Cela dit, on quitte rapidement les zones « densément » habitées pour pénétrer vers le centre de l’île. La mer disparaît derrière nous et laisse place à des étendues verdoyantes, ponctuées des tâches jaunes de touffes d’herbes sèches et du moutonneux bétail local, blanc et noir, paissant tranquillement sur les vallons.
J’ai l’impression assez paradoxale de me trouver en face d’étendues assez vastes, aux pieds de collines et montagnes respectables, mais d’évoluer au milieu d’une maquette dans laquelle notre bus ne serait qu’une reproduction miniature de la réalité. On se sent en effet dans un « mini monde »… c’est peut-être dû au côté un peu vide du paysage, à cette route unique que nous empruntons et aux couleurs très douces, très pastels, qui nous entourent.
Autant dire que nous jouons un peu les girouettes, à regarder autour de nous comme  si nous n’avions jamais mis les pieds à la campagne !

Après quelques lacets et beaucoup de secousses, nous arrivons aux environs de Lochranza. Nous descendons au premier arrêt portant ce nom, qui se trouve être en dehors du village et en face de la distillerie de whisky du coin. Comme j’ai faim depuis un moment et que c’est notre première occasion de répondre à ce besoin, nous nous arrêtons d’abord au restaurant de la distillerie. Pour quelques pounds, j’y mange un panini typiquement anglais, mais très bon néanmoins : jambon blanc, fromage d’Arran (un genre de cheddar) et chutney. Le mélange chutney (des oignons confits principalement)/cheddar est délicieux ! Hélène m’accompagne avec une petite assiette de fromages qui s’avéra fort agréablement surprenante pour ses papilles, à en juger par ses pupilles lorsqu’elle les goûta :)

Nos estomacs contentés, nous pouvons enfin partir nous balader. Nous avons quatre heures devant nous. Je ne suis pas sûr que nous ayons choisi le meilleur coin pour « tuer » quatre heures de temps, mais la promenade fut tout de même très agréable.
L’attraction de Lochranza, c’est son château en ruines, qui aurait possiblement inspiré Hergé pour le château de l’Île Noire, où Tintin affronte un gorille.
Nous suivons donc la route pour le trouver, tout en profitant de la rivière qui la borde, qui est magnifique. De l’autre côté, un homme joue au golf sur un petit green où se baladent des chevreuils (ou des cervidés du même genre…). C’est assez bucolique et inattendu !
Plus loin, nous commençons à apercevoir la mer à nouveau, puis elle se trouve face à nous. La rivière s’y jette ; il s’agit donc par définition, d’un fleuve. Un tout petit fleuve, mais un fleuve quand même. En face du cours d’eau, au loin, se trouvent les ruines du château. C’est un tout petit chateau aussi ! Nous y arrivons quelques minutes plus tard ; je dois avouer que je m’attendais à plus grand. Les murs qui restent sont en très bon état, ce qui permet d’apprécier les formes générales de la bâtisse, qui date du XIIIème siècle.

Nous restons autour du château un moment, je tente d’approcher quelques moutons un peu peureux, puis découvre sur la plage une énorme méduse échouée. La pauvre est sans doute déjà morte.
Pendant qu’Hélène dessine et peint, je me balade ainsi au hasard et prends quelques photos. C’est assez oisif, mais le soleil brille et ça fait du bien. On finit par bouger pour avancer encore un peu, mais comme l’heure du dernier bus pouvant nous ramener à l’heure vers le dernier ferry est proche, nous restons sur la route à proximité d’un arrêt, histoire de ne pas le louper. La vue que l’on a d’ici est reposante :  un banc en bois, posé sur l’herbe verte au bord de l’eau, fait face à l’océan. Le vent souffle doucement, et à part une voiture occasionnelle, il n’y a rien d’autre à entendre que des oiseaux terrestres et quelques mouettes. A l’horizon se découpe la silhouette d’une petite chaîne de montagnes. C’est une autre partie de l’Ecosse, une péninsule qui entoure l’île d’Arran.
Nous ne sommes pas si loin du Monde après tout, mais malgré tout on se sent ailleurs, et c’est avec un peu de nostalgie que nous reprenons le bus,  le ferry et les trains qui nous ramènent à Edinburgh.

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